Les guetteurs de lumière espèrent saisir l'instant exceptionnel à Séville, celui où la ville bascule de la luminosité éblouissante du jour à celle intimiste qui va envelopper une autre vie. Les trottoirs se garnissent de familles décontractées effectuant un étonnant lèche vitrine nocturne. Les vélos promènent une lumière froide aux arabesques insaisissables, dans cette foule grandissante. Lentement, la rue devient agora et les monuments se parent de l'or oublié des conquérants d'une époque lointaine pas encore oubliée
Les guetteurs de lumière espèrent saisir l'instant exceptionnel à Séville, celui où la ville bascule de la luminosité éblouissante du jour à celle intimiste qui va envelopper une autre vie. Les trottoirs se garnissent de familles décontractées effectuant un étonnant lèche vitrine nocturne. Les vélos promènent
une lumière froide aux arabesques insaisissables, dans cette foule grandissante. Lentement, la rue devient agora et les monuments se parent de l'or oublié des conquérants d'une époque lointaine pas encore oubliée.


Avant les apparats spectaculaires de la semaine sainte qui sert à expier toutes les fautes quotidiennes, on s'échauffe, on se réveille à la vie comme le ferait un marathonien avant le départ d'une longue épreuve. Sur les places, les terrasses se garnissent. La cerveza se fait mousser comme si ses chopes ou ses verres effilés constituaient les bourgeons d'une nouvelle vie. Les assiettes se vident, laissant des traces de cette huile d'olive aux reflets vert doré, effrayant les « belles étrangères » qui rêvent du corps fluide du toréro.
Les merveilleux jardins qui bordent un Guadalquivir, encore gonflé par les effusions neigeuses des sierras, se recroquevillent, après s'être épuisés à rafraîchir l'environnement avec leurs fontaines, aussi mystérieuses que ces femmes des harems qu'ils devaient dissimuler aux yeux du monde. Elles laissent couler des larmes dans un décor aux dessous intimes.
Peu importe, ici, on a décidé en Andalousie de donner une place théâtralisée à la vie et à la mort dans les corridas, dans les processions de la semaine sainte qui s'annoncent, dans ces confrontations au stade de football. Séville passe, sans véritablement aucun complexe, de la situation réglementée de la mort personnelle ponctuée par ses monuments, ses jardins, ses lieux de vie parfaitement organisés, propres, secrets, à une vie exubérante où le risque prend toute sa place.
Il s'agit d'un extrait d'un article de Jean marie Darmian, merci pour ces superbes lignes sur la capitale de l'Andalousie. N'oubliez pas que pour visiter Séville vous pouvez le faire dans la journée depusi toutes nos
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